Combien gagne une footballeuse ?

Ces dernières années on a tous pu constater le développement du football féminin surtout grâce à la dernière coupe du monde de 2019 dominée par les américaines. En termes de prestige, de reconnaissance et de visibilité, le sport féminin et en particulier le football aura marqué un réel tournant. Les matchs ont été joués à guichets fermés avec des chiffres d’audience incroyables. Cependant, il n’est un secret pour personne qu’il existe des disparités de salaires dans les différents secteurs économiques entre hommes et femmes qui avoisinent les 19% de manière générale. Cet écart est encore plus frappant dans le football. Les footballeuses gagnent environ 96% de moins par rapport aux footballeurs. Ces chiffres sont-ils justifiés et compréhensibles ? Nous tâcherons de décortiquer tout cela ensemble, à savoir combien gagne une footballeuse.


Inégalités entre footballeurs et footballeuses

 

Malgré l’augmentation des droits de retransmission TV et des sponsors qui se multiplient, les ressources économiques que rapportent le football féminin restent inférieures comparées au football masculin. Malgré certaines avancées les salaires n’évoluent pas au même rythme que les progrès des joueuses. En France par exemple, le statut des joueuses est considéré par la loi comme n’étant pas professionnel mais sous « contrat fédéral ». De ce fait les footballeuses ont des contrats amateurs. Beaucoup d’entre elles pratiquent le football à temps partiel et doivent avoir un deuxième emploi pour compenser le manque à gagner. Parfois même, certaines ne sont pas payées par leur club.  Cela explique une partie du problème mais pas la totalité. Les clubs en sont une autre. En effet, ces derniers gèrent leur budget en fonction d’enveloppes qu’ils reçoivent, qui elles-mêmes dépendent des recettes que les joueurs et joueuses génèrent. A la fin de la journée, la principale dépense est la masse salariale reversée, et les profits sont donc faibles pour les clubs. Le plus gros budget de D1 (championnat de France féminin de football) est alloué à l’OL (Olympique Lyonnais) avec 3,5 millions contre 285 millions pour l’OL en L1 (championnat français de football masculin du plus haut niveau).                                                                                         La difficulté réside également dans le fait que les clubs de D1 ne touchent pas énormément de droits TV à l’instar de leurs homologues masculins. On notera tout de même que ces droits  TV dans le football féminin sont en nette augmentation année après année. Canal+ reverse actuellement 1,2 million€/an à la FFF pour la retransmission des matches féminins contre 200k€ en 2017, ce qui est quand même une augmentation considérable !

Au milieu des années 1970 le salaire moyen d’un footballeur était environ de 2500€ brut / mois soit pratiquement 30 fois moins que ce que touchent les joueurs en Ligue 1 de nos jours. C’est pourtant le salaire moyen des joueuses de football de D1 actuellement. Il y a littéralement un fossé entre le joueur le mieux payé Lionel Messi qui gagne 273 fois plus que la joueuse la mieux rémunérée !


Inégalités entre joueuses

 

D’après une étude en 2017 par Sporting Intelligence (1), la ligue sportive la plus rémunératrice au monde est la WNBA (ligue américaine professionnelle de basket-ball féminin), suivie par la Netball (ligue de football australienne) puis suivie de la D1 en 3ème position sur le podium. En moyenne dans le championnat français, une joueuse de football perçoit un salaire de 42188€/an. Celui-ci est étonnamment largement supérieur à celui des américaines qui ont un salaire moyen de  23301€/an alors que leur football est plus ancré et développé que partout ailleurs. Outre les inégalités salariales entre footballeurs et footballeuses, il subsiste des inégalités entre clubs et joueuses . Les salaires à l’OL sont supérieurs à ceux du PSG. Et ces deux clubs proposent aux joueuses des salaires bien plus élevés que tous les autres clubs du championnat de France. Si la rémunération moyenne d’une joueuse est d’environ 2500€ brut/mois, celle de la joueuse évoluant en France la moins payée est de 1700€/mois contre 4000€/mois pour les joueuses les mieux payées. Concernant le top10 des joueuses qui ont le meilleur salaire, nous trouvons :


    1. Samantha Keer : l’australienne qui a fait ses débuts en Europe au PSG, est l’un des plus grands talents de sa génération avec 31 buts en 77 rencontres.  Avec un salaire qui s’élève à 480 k€/an, elle est  dès lors la joueuse la mieux rémunérée du football féminin de l’histoire. 
    2. Alex Morgan : l’américaine joue pour les Orlando Pride et est en arrêt pour l’instant car elle sera bientôt maman. C’est la joueuse la plus bankable du moment et son salaire s’élève à 408 k€/an
    3. Megan Rapinoe : l’américaine championne du monde en 2019 et élue meilleure joueuse du championnat évolue à l’OL et est payée 402 k€/an


Quant à la capitaine de l’équipe de France, Amandine Henry, qui fait également partie de l’OL, elle est la footballeuse française la mieux payée actuellement avec un salaire de 360 k€/an. La dernière du Top10 des joueuses les mieux payées est la footballeuse Lucy Bronze, latérale droite à l’OL. Elle joue également en sélection anglaiseet dispose d’un salaire de 200 k€/ an.


Un vent de révolution

 

On observe des changements radicaux ! En novembre 2019, la fédération australienne était la 1ère à instaurer l’égalité salariale des hommes-femmes dans le football. Le Brésil prend ce chemin. Pourtant considéré comme un pays majoritairement machiste, il a décidé que ses joueuses pourront dès la prochaine coupe du monde (2023) toucher les mêmes salaires et primes que les footballeurs. Les américaines exigent elles aussi au minima l’égalité des salaires. Elles ont poursuivi leur fédération car elles ont remporté la moitié des 8 coupes du monde organisées par la FIFA depuis ses débuts en 1991. Chose que leurs collègues masculins n’ont jamais accomplie. Elles sont confrontées à un refus pour l’instant mais n’abandonnent pas ! Il n’est donc pas impossible d’aller dans cette direction, simplement il faut peut-être se laisser le temps.

Rome ne s’est pas faite en un jour, ni même le football masculin.                                       Dans un premier temps, il faudrait asseoir des bases solides pour le football féminin et son développement. Permettre que celles qui jouent actuellement en professionnel soient reconnues en tant que telles. Qu’elles obtiennent une sécurité de l’emploi suffisante, des centres de formation dignes de ce nom et que les moyens soient mis à leur disposition pour des entraînements, de la préparation et des soins optimaux. Elles pourront ainsi améliorer et définir leur jeu en toute quiétude. Si elles arrivent à se concentrer dessus, on pourra assister à des matchs incroyables aussi bien au niveau du spectacle mais également sur leur technique et tactique combinées. Dès lors les supporters, les investisseurs et les salaires suivront très certainement !


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