Quel financement pour le football féminin en France ?

En pleine crise du Covid-19, il est évident que la propagation du virus constitue une véritable menace à tous les niveaux de la société et pour tous les secteurs économiques. Le football est également touché par cette crise financière.

C’est une période trouble pour les joueurs et surtout les joueuses qui ont encore un statut assez précaire dans ce milieu en pleine évolution. En temps normal, l’absence de protection de base et de droit est déjà un frein. Mais cette crise rend la situation des joueuses encore plus vulnérables actuellement. Face à son homologue masculin plus ancré dans l’histoire qui possède à lui seul un réel monopole du jeu, le football féminin n’a cessé de se développer ces dernières années. Et ceci grâce notamment à sa popularité gagnée au fil des championnats et compétitions internationales et bien sûr le dernier mondial.

Le chemin est encore long et nous savons tous que le nerf de la guerre c’est l’argent ! Alors quel financement pour le football féminin en France est mis en place ?

 

Déficit football féminin français

 

Aujourd’hui le football féminin est en phase de macro-professionnalisation. Toutes les équipes ou presque font évoluer les joueuses avec des contrats particuliers et non professionnels. La FFF (Fédération de Football Féminin) gère les contrats avec des contraintes comme le temps de travail ou encore le salaire minimum. Un peu en retard par rapport à ses voisins européens, la FFF a depuis décidé d’y remédier financièrement et de trouver des partenaires à la hauteur des ambitions du football féminin. La Coupe du Monde de 2019 ayant suscité un réel engouement pour le jeu féminin, Arkema, grand groupe français très performant et d’envergure mondiale, a signé un contrat de 3 ans avec la D1 (championnat professionnel français) jusqu’au terme de la saison 2020-2021. Ce partenariat-titre de D1 Arkema permettra aussi bien la promotion mais aussi le développement du football féminin français au côté de la FFF. Les droits TV pour la retransmission de la D1 Arkema, ont été vendus la même année à 1,2 millions d’euros. L’engagement de la FFF de féminiser le football et la promotion du jeu ont permis une augmentation significative du nombre de pratiquantes licenciées. Cependant, à ce jour, le football féminin français reste déficitaire (-13,5 millions d’€ pour la saison 2018-2019) et c’est le football masculin qui comble et finance ce déficit. Le modèle économique pour financer le football féminin n’est pas encore totalement établi.

 

Financement football féminin français international / national

 

Malgré son échec en quart de finale, la France a su tirer profit de son dernier mondial qui a été qualifié d’exceptionnel par beaucoup. Son bilan a été plus que positif tant au niveau économique qu’en termes d’image. Ce parcours a permis aux nombreux acteurs de croire au potentiel de nos footballeuses. Le football féminin français a trouvé son public. De plus en plus de fédérations aident financièrement les clubs. La Fifa (Fédération Internationale de football) a également pris en main le sujet de la féminisation du football en apportant un soutien financier à son déploiement et à sa croissance. Il a été décidé en 2019, qu’un budget de 500 millions € serait accordé en plus des 500 millions € déjà prévus pour les 4 prochaines années. Ce qui fait un total de 1 milliard € pour le football féminin prélevé directement dans la réserve financière de la Fifa. Pour aller plus loin encore, cette dernière va aussi mieux valoriser les contrats signés pour le prochain Mondial. Les joueuses se verront attribuer une enveloppe de 60 millions €. Une somme qui est le double de celle de 2019 (30 millions €), qui elle-même était le double de 2015.

En 2020, sur les 12 clubs de la D1, 7 sont des professionnels qui ont été rachetés par des clubs qui ne faisaient pas partie de leur structure initiale. 9 clubs sur 12 sont rattachés à des clubs de football masculins et les 3 restants sont un peu historiques : Issy-Les-Moulineaux, Fleury et Soyaux. Le budget alloué à la D1 est de 19 millions €. 50% provient des revenus commerciaux (droits TV, merchandising, frais d’abonnement), 45% découlent du sponsoring et des subventions, et enfin seulement moins de 5% de la billetterie. On est bien loin du budget de la L1 et de ses 1,9 milliards€ soit 100x plus. En juin dernier, la FFF a annoncé un financement exceptionnel de 6 millions € pour les clubs de D1 et D2 pour la saison 2020-2021. Toutefois, il y a de fortes disparités dans la répartition entre professionnels et amateurs. Pour la D1 qui a perçu 5,1 millions €, les clubs dépendants de clubs masculin (PSG-Lyon-Guingamp-Bordeaux) ont touché 500 000€ et les clubs amateurs que 170 000€. La D2, elle a perçu le reste, soit une subvention de 900 000 €. Enfin les clubs professionnels type FC Nantes ont reçu 80 000€ et les clubs amateurs n’ont malheureusement rien reçu.

 

Nouvelle stratégie de financement

 

Pour certains clubs il paraît avantageux d’être rattaché à un club masculin. Juvisy a été racheté par le Paris FC. Le FC Lyon a quant à lui été racheté par l’OL. Ces clubs féminins en tirent des bénéfices importants comme le partage des infrastructures, du personnel ou encore des stades. Pourtant pour que le football féminin croît encore plus et de façon homogène, il faudrait créer une ligue professionnelle dédiée uniquement aux femmes et financer formations et infrastructures partout en France. Cela doit se passer au plus bas niveau des districts comme au plus haut niveau des championnats. Tout en incluant économiquement le sport amateur et associatif qui sont tout aussi important !

Certaines équipes forment des jeunes joueuses en partenariat avec un lycée de la ville mais peu ont des centres de formation intégrés. Il faut par la même occasion mieux organiser les rencontres, compétitions surtout dans la petite couronne de la région parisienne. On constate un manque cruel de terrain et  ceci est un véritable frein pour le développement du football féminin.

 

 
 
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